1962: DE LEDUC A SUNDERMANN

1962: DE LEDUC A SUNDERMANN


Servette entre alors dans une nouvelle période avare en lauriers après le 13ème titre de 1962 puisqu’il va lui falloir patienter 17 ans pour triompher à nouveau, sous l’égide du président Roger Cohannier. En Coupe, l’attente est encore plus longue. Vingt-deux ans séparent les succès de 1941 et 1971. En 1963, le président Marcel Righi engage Lucien Leduc qui vient de réussir le doublé coupe-championnat avec l’AS Monaco. « Lulu » va régulièrement tutoyer le succès mais ne gagnera rien avec Servette : 4ème en 1964, 3ème et finaliste de la Coupe en 1965, 2ème et finaliste de la coupe en 1966. Deux finales qui sont de bien mauvais souvenirs.


Lors de la première, alors que Desbiolles est écarté de l’équipe, celle-ci a de la peine à se mettre en train et Georgy, retourné à Sion, en profite pour inscrire le premier but. Gasser marque le deuxième but (84ème) et Daïna sauve l’honneur mais pour le reste Vidinic est imbattable. C’est une victoire personnelle pour Maurice Meylan, limogé au début de la saison en compagnie de René Schneider, Giulio Robbiani et Didier Makay.


L’année suivante, c’est le FC Zurich que Servette affronte le lundi de Pâques en finale de la Coupe. Nemeth etSchindelholz, les ailiers « grenat » sont mal menés par Xavier Stierli et Munch et devant 54’000 spectateurs, Zurich l’emporte 1-0, Fritz Kunzli pouvant tromper Barlie. Meilleur joueur, Vonlanthen reprend l’équipe comme entraîneur, avec parmi les nouveaux joueurs, un jeune Allemand, Jurgen Sundermann et Michel Fatton qui fait ses débuts dans la première équipe, 21 ans après son père.

Les premiers résultats en championnat sont décevants, Vonlanthen est obligé de rejouer. Marcel Righi précipite le mouvement et fait appel au « mage » Bela Gutman qui perdra plus tard tout crédit lorsque l’on apprendra qu’il s’est inventé certains états de service.
Gilbert Dutoit assure l’intérim pour finir la saison et prépare le terrain pour le retour du « chef » Jean Snella, dès la saison 1967-1968. Un grand transfert pour le retour de l’entraîneur français, celui de Philippe Pottier. En quatre saisons,Jean Snella n’amène jamais son équipe au dessus de 7ème rang en championnat, mais gagne la finale de la Coupe 1971.

C’est un sursaut de Bernd Doerfel à la 54ème minute qui ouvre la voie du succès aux « grenat ». Son tir croisé rebondit dans le dos de Prosperi et Desbiolles peut le reprendre et le propulser au fond des filets du gardien du FC Lugano. Marchi double la mise à un quart d’heure de la fin.


Jean Snella ne termine pas la saison suivante. C’est le responsable de la réserve, le Lancéen Henry Gillet, qui prend le relais jusqu’à l’hiver avant de céder la place à Jurgen Sundermann. Engagé pour deux ans et demi, celui-ci revient tout auréolé d’un passage au FC Bâle restant sur deux titre en championnat. Il introduit un international junior, Gérard Castella, lance Marc Schnyder à 19 ans, fait venir Hans-Jörg Pfister de Bienne, se sépare de Perroud, pousse « Toto »Dutoit mais ne connait guère la réussite. Servette est 4ème en 1973, 3ème en 1974 lorsqu’arrive Roger Cohannier…


Au cours de la saison 1974-1975, Roger Cohannier (61 ans) qui dirige la commission sportive depuis deux saison, succède à Emile Dupont. Il termine sa première année comme « boss » avec une modeste 7ème place. Sa première saison de président est la dernière de l’un des joueurs les plus spectaculaire jamais vu à Genève, Bernd Doerfel, qui a des problèmes à un genou. Cette performance toute relative convainc M.Cohannier de la nécessité d’un bon recrutement.  L’engagement de Marcel Cornioley ne peut se faire, mais en revanche Engel, Bizzini et Kudi Muller arrivent aux Charmilles ainsi qu’Alfred Hussner, un Allemand venant d’un club belge de 2ème division mais qui est fort précieux. Ces mutations apportent énormément. Servette attire beaucoup de monde aux Charmilles (9000 spectateurs de moyenne au 1er tour) et termine 2ème à 4 points du FC Zurich.

Rédigé par: Jacques Ducret, hors-ligne, 1990

1976: LE KO DU WANKDORF

1976: LE KO DU WANKDORF

« Servette est le plus fort sur le papier. Si les Genevois ne remportent pas le titre cette année, ils ne l’auront jamais » A la veille du coup d’envoi de la saison 1976/1977 Timo Konietzka et tous les techniciens du pays jetaient presque l’éponge avant le premier round : pour eux, Servette était intouchable. Et même la surprenante élimination des Genevois en tour préliminaire de la Coupe des Coupes devant les Gallois de Cardiff n’altéra pas ce jugement. Peter Pazmandy avait succédé à Jürgen Sundermann. Chivers, Barberis et Valentini étaient venus étoffer un contingent déjà impressionnant, les Servettiens frappaient d’entrée. Aux Charmilles, ils battaient Bellinzone 10-0 malgré l’absence deMartin Chivers. Quinze jours plus tard sous le déluge, les Grasshoppers de Netzer chutaient aux Charmilles (2-1).


Dans le derby lémanique, le Lausanne de Blazevic ne trouvait pas, lui non plus la parade (3-0, trois buts d’Andrey). Eliminés en Coupe à Vevey (3-2), les Servettiens essuyaient leur unique défaite dans ce tour préliminaire le 2 octobre à Bâle. A St-Jacques, Karl Engel, qui allait perdre sa place jusqu’à la trêve pour Brignolo, et sa défense étaient piégés à quatre reprises. Battue 4-1 la formation de Pazmandy n’avait qu’une seule consolation au retour des vestiaires : son incroyable supériorité au corner-score (20-3). Six mois plus tard, Servette signait un dernier carton dans ce tour préliminaire en balayant Sion 6-0 aux Charmilles. Ce succès permettait aux « Grenats » d’aborder le tour final pour le titre en « pole position » avec une longueur d’avance sur Bâle, et deux sur Zurich. Mais un revers (2-1) d’entrée au Wankdorf devant Young-Boys dévoilait la fragilité des Genevois dans ce sprint final. « Nous ne cherchons que le tête de Chivers » déplorait Pfister « No comment » répondait l’anglais.


Mais c’est bel et bien la tête de Chivers qui leur donnait, le 7 mai, un succès sans prix devant Zurich, valeureux demi-finaliste de la Coupe des champions quelques semaines plus tôt face à Liverpool. Le 18 juin, Pazmandy et les siens croyaient tenir le bon bout. Aux Charmilles, devant 16’500 spectateurs, ils dominaient Bâle 2-0 (Andrey et Thouvenel) pour s’emparer seuls, à deux journées de la fin, de la première place. Illusion.

Quatre jours plus tard, un certain Gilbert Gress sortait le grand jeu à la Maladière pour terrasser (4-2) les « Grenats » et les contraindre à un match d’appui contre Bâle au Wankdorf. Le 28 juin, devant… 50’000 spectateurs, les Genevois perdaient tout (2-1). Kudi Müller avait pourtant ouvert le score à la demi-heure. Mundschin égalisait de la tête sept minutes plus tard. « Où était Chivers ? », interrogeait Pazmandy. Et à un quart d’heure de la fin du match, Von Wartburg, délaissé par Andrey, inscrivait le but décisif. Dans les vestiaires, le plus malheureux était Pfister. A la 56ème minute, « Joko » avait galvaudé la balle de match.

Rédigé par: Jacques Ducret, hors-ligne, 1990

1978: LE CADEAU D’ADIEU DE THOUVENEL

1978: LE CADEAU D’ADIEU DE THOUVENEL


Les plaies du Wankdorf ne sont pas encore toutes pansées lorsque, le 13 août dans un derby inédit contre le Carouge de Garbani (2-1), Servette entame son championnat. S’il croit avoir stabilisé sa défense avec la venue de Trinchero, Pazmandy cherche son attaque. Kudi Müller est parti aux Young Boys et Pfister, touché au ménisque, est « out » pour de longs moi. Face à Carouge, Pazmandy titularise ainsi Hans-Peter Weber et Thouvenel aux côtés de Chivers. En ce mois d’août, ce n’est pas, pour une fois Servette qui défraie la chronique du football genevois, mais Etoile Carouge. En l’espace de quatre jours, les stalliens fêtent deux victoires surprenant à la Fontenette devant Bâle (1-0) et Zurich (2-1). Pendant ce temps, Servette s’égarait aux « Trois-Chêne » (1-0 but de Duvillard).


Très vite cependant, le 14 septembre, les Charmilles retrouvent l’ambiance des grands soirs. Au premier tour de la Coupe de l’UEFA, les « Grenat » ne s’imposent que sur la marge la plus étroite (1-0, Barberis) devant l’Athletic Bilbao et son fantastique gardien Irribat. « Nous aurions dû réussir le K.O, en première mi-temps », regrettait Pazmandy. Quinze jours plus tard dans la Cathédrale de San Mames, Pazmandy avait toujours le masque. Une mésentente entreEngel et Bizzini à la 58ème minute précipitait l’élimination servettienne. Le coup de grâce tombait à la 70ème minute sur un coup-franc d’Amorrortu. Bouté de l’Europe en même temps que Bâle, Servette retourne illico à ses devoirs nationaux. Le 1er octobre, un nul à St-Gall (2-2) contraint les Genevois à partager la première place avec Lausanne.

Mais les Servettiens remettent rapidement les Vaudois à leur place. Le 11 octobre, à la Pontaise, devant plus de 18’000 spectateurs, Barberis terasse le L.S à l’ultime seconde de la prolongation (2-1) dans un huitième de finale de Coupe mémorable. Le 16, sur la même pelouse les « Grenat » signent la même victoire en championnat.


Le 12 décembre, à la trêve, ce sont pourtant Grasshopper et Lausanne qui mènent le bal. Le 1er avril pour le début du tour final, Grasshopper qi est en train de réaliser le dernier grand parcours européen d’un club helvétique avec sa demi-finale de la coupe de l’UEFA contre Bastia, est toujours leader. Mais le 8 aux Charmilles, Chivers bat Donzé et Sion pour propulser Servette au commandement. Seulement deux faux-pas à domicile (0-2 Bâle et 1-2 Zurich) interdisent aux « Grenat » d’inquiéter GC pour le titre.


Il reste la coupe. Qualifié pour la finale contre les Grasshopper à la faveur de ses succès contre la Chaux-de-Fonds (2-0) et Chiasso (1-0), Servette arrache le dimanche 3 juin son quatrième succès dans cette épreuve. Le 15 mai, lors de la « première » finale, les deux formations ne s’étaient pas départagées (2-2). En plein Mundial argentin, les Genevois forcent la décision grâce à une réussite de Thouvenel (17ème). Le frontalier quitte Servette pour la France par la grand porte, où tous les bonheurs l’attendront en Gironde après une année de purgatoire au Paris FC.

Rédigé par: Jacques Ducret, hors-ligne, 1990

1979: DU JAMAIS VU !

1979: DU JAMAIS VU !


Cette saison 1978/1979 restera celle de tous les bonheurs. Toujours présidé par Roger Cohannier, Servette a en effet réalisé un parcours exemplaire en remportant le championnat, la Coupe de Suisse, et la Coupe des Alpes. Du jamais vu ! Une seule ombre cependant dans un tableau idyllique : le malheureux échec en quart de finale de la Coupe des coupes devant Fortuna Düsseldorf. Le 21 Mai 1979, Servette avait revêtu son habit de lumière.
Quinze jours après avoir livré et gagne une éprouvante bataille défensive (0-0) au Rheinstadion, les « Grenat » brulaient d’écrire la plus belle page de leur histoire aux dépends du Fortuna des frères Allofs. Mais une déviation de la tête du long Bommer après seulement quatre minutes de jeu avait l’effet d’une douche froid pour les Servettiens et leurs 23’000 supporters.


A la 80ème minute, Andrey entretenait la flamme en exploitant un habile travail préparatoire de Perterhans. Dans les dix dernières minutes, les Servettiens se ruaient sur l’attaque. Un « retourné » de Barberis et une tête de Peterhans frôlaient la cage allemande. La chance n’était pas du côté genevois… Mais avant de briller sur la scène européenne avec ses victoire sur le Paok Salonique et Nancy- sans Platini, blessé-, Servette avait bien failli connaitre la pire des humiliations. En coupe de Suisse le 7 octobre 1978 à la Neuveville les « grenat » étaient sauvés par l’arbitre Guignet, devant un pensionnaire de 3ème ligue nommé La Rondinella. Trinchero a en effet égalisé sur penalty à la 94ème minute, accordé pour une faute surWeber, lequel avait été pourtant signalé hors-jeu par le lineman. Dans les prolongations, Barberis, Elia et à nouveauTrinchero qualifiaient Servette (4-1).


De La Rondinelle à Fortuna, Servette réussissait le score parfait : Champion après un tour final royal avec dix victoires en… dix matches et vainqueur de la Coupe contre Young Boys (3-2), en deux matches comme l’année précédente devant Grasshopper, grâce à des réussites, le 20 juin, de Weber, Barberis et Hamberg.  « Nous avons récolté ce soir la récompense de trois années de travail » lançait Gilbert Guyot dans les vestiaires du Wankdorf.
A l’intersaison, Peter Pazmandy et Roger Cohannier avaient eu la main particulièrement heureuse pour compenser les dépars de Thouvenel et de Chivers.

Les venues de Piet Hanberg, lequel aura marqué un score à 26 reprises cette saison, et d’Angelo Elia apportèrent un punch indéniable à l’attaque des Charmilles. Une révélation en la personne du Chênois Guy Dutoit procurait une plus grande marge de manœuvre au coach. Les dirigeants servettiens formulaient cependant un regret au soir du dernier triomphe en championnat à Bâle (4-1) : le recul des spectateurs aux Charmilles. Par rapport à la saison 1976/1977, la première de l’ère Pazmandy, Servette avait perdu près de 2’000 spectateurs par match. Et pourtant, quel meilleur spectacle auraient pu réserver les « Grenat » à leur public avec ce football d’attaque justement récompensé par quatre lauriers ?

Rédigé par: Jacques Ducret, hors-ligne, 1990

1985: L’arrivée de Lavizzari

1985: L’arrivée de Lavizzari


Que la fête fut triste. Le 19 juin 1985, seulement 6’000 spectateurs, malgré l’entrée gratuite, s’étaient rendus aux Charmilles pour saluer les nouveaux champions de Suisse et assister au dernier match d’Umberto Barberis contre Vevey (5-1). Bien que champion avec quatre points d’avance sur Aarau, Servette, lors de cette saison 1984-1985, défraye la chronique par de multiples « affaires » et perd son public. Carlo Lavizzari n’en revient pas. Le champion n’a attiré qu’une moyenne de 5’860 spectateurs par match…


Avant d’obtenir le point du sacre à la Maladière (1-1), les Servettiens avaient joué, ou plutôt, avaient déjoué deux matches. Le 24 mai, ils s’étaient inclinés 3-1 aux Charmilles devant Wettingen. Le 5 juin à Tourbillon, ils avaient été battus… 8-2 par Sion, où Aziz Bouderbala, le percutant Marocain, est irrésistible dans ses déboulés. Guy Mathez n’avait plus aucun contrôle sur la plupart de ses « stars ». Epuisé nerveusement, il est limogé au profit de Jean-Marc Guillou alors que le titre est pratiquement acquis.


Cette saison s’est achevée comme elle avait commencé : sur un vaudeville. Le retour de Lucien Favre en juin 1984déclencha la guerre pour le numéro 10. Entre l’ancien Toulousain et Barberis, les hostilités étaient ouvertes. Lors du camp d’entrainement d’avant-saison à Crans-Montana, l’ensemble des joueurs, à l’exception de Favre, n’assistèrent pas à la victoire de Laurent Fignon dans l’étape du Tour de France sur le haut-plateau. Le jour même, ils étaient descendus à Genève afin de pleurer dans le gilet de leur président lequel était bien embarrassé.


Déjà en tête à la fin du mois d’août, Servette avait pratiquement course gagnée en décembre avec un avantage de cinq points sur Aarau. Les Argoviens de Hitzfled, adeptes du pressing, se révélaient, à la surprise générale, come les seuls interlocuteurs valable des « Grenat ». C’est eux, d’ailleurs, qui les éliminenèrent en demi-finale de la Coupe. Le 14 mai, les Genevois s’inclinèrent 3-1 au Brüggligfeld. Le 24 octobre 1984, le soleil brille à Larissa. Eric Burgener livre dans ce huitième de finale aller de la Coupe des coupes l’un des meilleurs matches de sa carrière avec des parades extraordinaires en fin de rencontre. Un but de Kok après 13 minutes de jeu ouvre une voie royale aux Genevois. Malheureusement, ces derniers écrivent une page d’histoire.

 Menant au score à l’extérieur, ils se font piéger à deux reprises sur des contres.
Dans le cas qui les ramenait à Athènes, une seule question taraudait Michel Renquin  : mais où était passé Geiger  ? Le 7 novembre pour le match retour, les « Grenat » se brisent pendant une heure sur un gardien en état de grâce nommé Plitsis. Ce dernier fait six miracles dans le premier quart d’heure. Les Servettiens s’énervent et à la 61ème, ils sont battus sur une rupture. Ce match sera le dernier de la saison que Lucien Favre disputera. Le numéro dix est sérieusement touché en fin de match. Il laissera donc le « leadership » à Umberto Barberis. Celui-ci joue les rassembleurs, conduit l’équipe et se sert de l’hostilité des médias et du scepticisme du public pour motiver ses camarades. Guy Mathez, qui n’est pas parvenu à faire passer son message, se croit victime d’une conjuration.

Rédigé par: Jacques Ducret, hors-ligne, 1990

1980: UN MOIS DE JUIN MEURTRIER

1980: UN MOIS DE JUIN MEURTRIER


Comme en 1977 avec la fameux match d’appui au Wankdorf, Servette a perdu, en 1980, un titre largement à  sa portée. Battus quatre fois consécutivement à l’extérieur au tour final, les Genevois ont abandonné leur couronne au FC Bâle. Un échec qui incitera Roger Cohannier à tirer le rideau. A l’heure des transferts, le duo Pazmandy-Cohannier n’avait apporté que de petites retouches. Sarrasin, Cucinotta et Matthey remplaçaient Peterhans, Weber, Elia et Pfister en attaque. Le président et l’entraîneur avaient surtout conservé Schnyder, convoité par Zurich pour s’appuyer toujours sur une ligne médiane- Schnyder/Barberis/Andrey – qui n’avait pas d’égal dans le pays.


Le 11 août à la Chaux-de-Fonds, pour la reprise, Servette enclenchait le turbo (5-0). Le 18 aux Charmilles, c’était au tour de Neuchâtel Xamax de Jean-Marc Guillou d’ « exploser » (6-0) devant le champion. Le premier accroc survenait le 8 septembre au Hardturm devant Grasshopper de… Sundermann (2-1). La semaine suivante, le FC Zurich venait déclasser les Genevois aux Charmilles (4-0). Quatre jours plus tard, Servette retrouvait tout son brio pour dominer le champion de Belgique Beveren qui alignait un certain Jean-Marie Pfaff dans les buts. « Nous avons prouvé que nous sommes encore là » lâchait Barberis au coup de sifflet final. Le 3 octobre « Bertine » était aussi présent au rendez-vous du match retour. Son égalisation de la tête donnait la qualification aux Genevois. Le samedi suivant, Barberis frappait encore à trois reprise pour un carton royal devant Lugano (8-0)


Pour les huitièmes de finale de la Coupe des Champions, Servette traverse le mur. Le 24 octobre au Stade Ludwig-Jahn, les Genevois conservaient toutes leurs chance devant Dynamo Berlin (2-1). Au retour, privé de Guyot, les Genevois se font piéger sur deux contres. Dans les sept dernières minutes, Hamberg et Barberis consolent les 20’000 spectateurs en préservant l’invincibilité servettienne à domicile en Coupe d’Europe. Malgré un revers aux Charmilles devant Sion (2-3), Servette n’est qu’à deux points du duo zurichois à la trêve. Le 31 mai, Servette part en tête dans le tour final à six. Le 10 juin, il possède cinq points d’avance sur son dauphin Bâle, dominé 2-1 aux Charmilles grâce à Valentini et Cucinotta.

Le 28, tout est perdu, quatre défaites à l’extérieur (GC 2-1, Sion 3-1, Zurich 2-0, et Bâle 2-0) propulsent les Genevois en enfer.
Si le titre fut perdu en été, la Coupe de Suisse, quant à elle, s’était déjà envolée au printemps. Le lundi de Pâques en demi-finale, les Servettiens tombaient (2-1) sous le soleil de Tourbillon devant le Sion de Jeandupeux. Tout s’est joué à un quart d’heure de la fin du match lorsque Bizzini offrait littéralement la balle de but au Tchécoslovaque Cernicky.

Rédigé par: Jacques Ducret, hors-ligne, 1990